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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 20:46

C'est un poème d'anniversaire, il est vrai écrit pour une autre amie, sans laquelle j'aurais moins et moins bien écrit, mais je souhaite qu'il aille à ta taille, comme à beaucoup de femmes… Elle ne m'en voudra pas que la fécondité rayonne.

 

On dirait l’anniversaire, tu es seule, moi autrement

On dirait notre jour à nous de nous et tout autour :

Qui donc ignore qu’importent peu le jour et l’heure

 

Quelqu’un frappe à ma porte, geste désuet sonore

Sans savoir pourquoi, je veux bien lui ouvrir

Ensuite tout peut arriver, le meilleur comme le pire…

 

Des phalènes mourront pour une lueur trop chaude

Écrasées par leur ivresse à l’assaut un gyrophare

Qui hurle nos peines, et nous recherche des routes

 

De même sont morts les géants de la préhistoire :

Une nuit moins ordinaire s’est éternisée dans son froid

Sur les placides herbivores et les carnivores avides

 

Plus tard, Monsieur Neandertal lui aussi s’éteindra

Certains se demanderont si Madame Cro-Magnon

N’a pas dévoré son foie : le temps glisse jusqu’à nous

 

Avec un drap verdâtre qui recouvre un visage. 

Dans la pluie une main se pose sur une épaule

Quelque part un amant voudrait prolonger la nuit

 

Autre main que celle d’un ami, serait-il distant.

C’est ton anniversaire, je suis là comme toi

On a frappé à ma porte, chez toi, tu as ouvert

 

Même si je sais que tu as le même sang que moi

Même si je coule dans tes veines, tes rides et tout ça

Avec l’obstination de l’eau contre la vitre

 

Le gyrophare ne serait donc rien qu’une balise

L’annonce une rue inondée de reflets et d’entrechats

Qu’importe s’il pleut, « c’est merveilleux… »

 

Voici le ciel perdant ses eaux : naissance

Au creux des caniveaux, l’égout vorace boit

Dévore sans manière tout ce qui veut partir

 

Elle s’en va la terre qui nous a gardés un temps

Terre des phalènes mortes, des papillons épinglés

Des boulimiques à sang froid, des dinosaures déchus

 

Celle des gyrophares et des civières médico-légales

Elle s’en va cette terre, elle s’en va, la pluie l’emporte :

Sa préhistoire est achevée : place à notre histoire

 

Une histoire où peu à peu, l’amitié a sa place.

Vois-tu, c’est merveilleux, le jour se lève, nous dormons

Nous nous aimons comme deux odeurs, du bout de nos fadeurs

 

Tiens, la pluie a cessé, c’est merveilleux encore

C’est notre anniversaire, notre monde reprend corps

Il en est à son an zéro très précisément, l’année impossible

 

C’est l’an neuf de l’amitié, madame, bon anniversaire…

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rédigé par le babel
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commentaires

Seb 17/02/2014 19:34

Une belle amitié, Emma!

l e b A b e l 17/02/2014 21:35

Le Web est un fouillis de rues. On y croise mille gens, y parle à quelques uns, et puis en rencontre une pincée. Rien de virtuel en cela, ce n'est qu'une extension de la rue.

emmanuelle grangé 17/02/2014 10:06

ce jour encore, tu es là, à ta façon qui porte, c'est une force sans démonstration, sans doute une rencontre

l e b A b e l 17/02/2014 21:34

je n'ai aucun mérite à être moi, je suis le seul à pouvoir m'y risquer. Et toi de même.

Nath 16/02/2014 21:00

Eh...c'est tout simplement superbe...' nous nous aimons comme deux odeurs, du bout de nos fadeurs"...oui bon anniversaire madame...

l e b A b e l 16/02/2014 21:12

Amitier est un verbe qui n'existe que dans la vie, pas dans les livres.

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