Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 novembre 2013 6 23 /11 /novembre /2013 20:07

Chers Luc, Emma, SoleildeB, Moinette, et vous aussi,

 

 

Les arbres, ces jours, déclament-ils le nom de leurs feuilles tombées ?

Tout n’est qu’humus, en voie d’humanisation.

Nous, nous allons dans les ans, de plus en plus nus, quoique couverts d’une gaze de souvenirs, ainsi que les arbres de la brume : seul feuillage qui jamais ne se fane.

Les globes de mariés, éternels hivers figés, nous lorgnent sous les obscurs reflets des Gallé et des appliques près de la comtoise.

Le temps est affamé, par Zeus.

Demeure l’écho des mots ; la veilleuse elle-même pleure son ampoule : un soupçon de joie réveillera demain l’empyrée de nos dieux.

Avec une sourdine, les jointures disent nos âges aux tendons.

Un feu de colère réchauffe nos viscères à la vue de cette jeunesse qui répète la nôtre.

La nouveauté en moins.

Car nous ne pouvions en 73 regarder 30 ans en arrière sans regarder dans l’œil d’Auswitsh.

Alors du Bécherel à la Fender, nous avons caché nos études de croix et de gammes, et lâché un cri.

L’écho le modulera encore.

Et nous, nous avons le poids étrange, lourd et léger, péniblement sensible à la joie, de nos corps à la cuirasse usée d’avoir tant roulé sur des rocs sans mousse, d’avoir frappé à la porte des cieux, menés par un escalator rutilant où, à moins d’enjamber le vomi de Kerouac et Miller crucifié en rose, nous allions droit dans la gueule du loup.

Nos automnes fanés ont plus de couleurs que les remix baragouinés par nos enfants.

Oh non, pas nous : ne sommes-nous pas les hommes qui ont vendu le monde ?

Les avons-nous trop éduqués ?

 

 

Partager cet article

Repost 0
rédigé par le babel
commenter cet article

commentaires

emmanuelle grangé 24/11/2013 10:26

tu ne te trompes pas en écrivant @fb que je feuillette mes albums; à me relire, je m'aperçois que j'ai écrit le plus souvent à partir d'un état des lieux du monde sans prétentieusité – mais avec prétentions ! – , ça n'est pas toujours gueulard, ça m'anime. Te rappelles-tu ta question posée il y a... "pour quoi, pour qui écrivez-vous ?"
Je suis sûre de ne pas me tromper en me prêtant à une dégustation à l'aveugle: je reconnaîtrais vos écrits, les tiens, ceux de SdB, ceux de Patrick D., de François L., de Stéphanie G., ... (vous n'êtes pas si nombreux, les chers réjouissants)

l e b A b e l 24/11/2013 15:39

Mais que nous métissions avec sérieux nos toiles, et les plus fidèles y perdent leurs Parques ! Quel terrible plaisir de réjouir avec de la peine, du vide, de la stupeur autant qu’avec de la simple joie. Toi mêmement, tu habites un ton de dentellière qui se reconnaît mieux qu’une vendange de glace dans un défilé de piccolos.

sdb 24/11/2013 09:45

"Et nous, nous avons le poids étrange, lourd et léger, péniblement sensible à la joie, de nos corps à la cuirasse usée d’avoir tant roulé sur des rocs sans mousse"..
Tu écris comme Homère.
Souffle des haleines réunies.

l e b A b e l 24/11/2013 15:50

Aussitôt que l’Œil Lisant, Sachem de l’art de lire, me dit « homérique », ne m’advient que de la joie.
Incidemment, l’espoir me vient d’un jour mériter, ainsi, ce compliment d’un vers si parfait que nul n’y verrait la cécité de son auteur.
Je ne suis qu’affublé d’une vue basse : j’ai encore le temps.
L’hiver n’aura que des lambeaux de nos écorces où ses morsures, déjà camouflées dans nos cicatrices, ne lui apporteront pas même le sentiment d’une victoire qu’un simple pic-vert emporte au printemps.
Aussi plus tard, même la nuit, comme en braille, j’aimerais écrire l’ordinaire grandiose d’une « aurore aux doigts de rose ».

Présentation

  • : Vitrine d'un atelier de textures - l e b A b e l
  • Vitrine d'un atelier de textures - l e b A b e l
  • : Nos vies ont gardé de belles formes : Il faut le dire.
  • Contact

  • le babel
  • ou bien ces pages parlent pour moi, ou bien je dois recommencer
  • ou bien ces pages parlent pour moi, ou bien je dois recommencer

Recherche

Pages