Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 22:34

 

je vais être obligé de traduire mais comment ? Les mots allemands ont plusieurs paliers de sens, et une musique qui ajoute du sens. Gottfried Benn a écrit son recueil "Morgue" en 1912. Rainer Marie Rilke a devellopé le thème des pétales comme paupières des fleurs... Voilà pour le titre.

Morgen vergeben vergessen hat, 
bevor das Werden so werden : sein Essen. 
Die einigen essen, die anderen sind
Die dritte Liedern lesen
unter den schweren schwebenden 
Augenlidern der ebenso Blumen.

Morgen : demain et matin

vergeben vergessen hat,  " a oublié de donner", mais avec une machinerie de sons qui hâchent grâce au préfixe "ver" portant le sens du définitif, de l'irréversible. 

 

bevor das Werden so werden : sein Essen. 

 

"avant le devenir ainsi devenir" ; mais "werden" est un auxillaire qui construit le futur. Il colore le tout.
 

 

sein Essen. 

 

le sien manger le sien, ou bien "être (du) manger". Mais les humanistes sauront voir que le verbe être qui arrive est en décalque latin via 'esse".

Die einigen essen, die anderen sind
Die dritte Liedern lesen

les uns mangent, les autres sont
les troisièmes lisent des chants
Nous pourrions en français dire : Mangent les uns, sont les autres, les troisièmes chantent des chants de fleurs. La tonalité serait présente.

unter den schweren schwebenden 
Augenlidern der ebenso Blumen.


sous les lourdes planantes
paupières des fleurs aussi
ebenso c'est à la fois aussi et toujours et pareil ainsi
pas facile de traduire : c'est laid en français.
Par le babel - Publié dans : de vous à moi - Communauté : à pas d'heure
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Vendredi 1 juin 2012 5 01 /06 /Juin /2012 10:20

Morgen vergeben vergessen hat, 
bevor das Werden so werden : sein Essen. 
Die einigen essen, die anderen sind
Die dritte Liedern lesen
unter den schweren schwebenden 
Augenlidern der ebenso Blumen.

Par le babel - Publié dans : actualités - Communauté : à pas d'heure
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Samedi 26 mai 2012 6 26 /05 /Mai /2012 11:50

Madame l’Existence,

Conformément aux émotions, et, hasards de la vie, aux convertibles convenances, aux bons sentiments vernis, Nous avons enfumé l’arrière-salle des immeubles aveugles : nos brumes, sur leurs façades, donneront aux lampadaires une prestance d’arbres à lunes.

Certes, les lunes ne sont pas encore mûres, et dans ce roncier, seules des étoiles parfois scintillent aux domiciles photovoltaïques. Mais quoi : c’est la vie !

Nous avons pris soin de nourrir de sépia, d’encre sèche et de lambris, nos palettes de couleur. Dans les haut-parleurs, nous avons caché des crachotements, ainsi que des chuchotements sur le chemin, celui qui coupe en longeant les silos. Les silos ? Chas entre ces trémies où se tailler la face dans la morsure des bises de l’Est, quand les carcasses rouillées des usines vides ponctuent le chômage sans rien en vomir.

Si d’aventure, vous, Madame l’Existence, nous estimiez bien trop fades, bien trop communs, bien trop bon marché pour prétendre orner votre quotidien, vous êtes priée, Madame l’Existence, d’aller pavaner vos prétentions là où paillettent les divas d’un soir, en quadrichromie — pour être précis —, et de nous laisser écouter le crissement du sable quand passe un accord mineur.

Merci.

Idem, les fûts élancés d’une forêt, tout habillée de fleurs diaprées, de verdures chamarrées, dansent sous le vent des bouches d’aération : désormais, Marylin Monroe sera brune de la tête au pied, et fine, voire africainement british, et plus encore, made in Brighton. Sa robe blanche est devenue une tenue changeante, aux couleurs projetées en avant, écouteurs de nacre dans les pavillons auditifs. J’ai son foulard mauve pour réchauffer mon cou trop pâle. En émissaire, elle va proclamant bien fort que demain le ciel apprendra à mordorer deux yeux rieurs et une bouche à dévorer dix vies, trois brownies, et une maladie venue d’un génocide rwandais, tout en discourant sur un ultime chanteur si beau.

Madame l’Existence, il est temps d’aller te rhabiller, ma jadis belle ! La loi de Newton s’impose à tes fruits : tes seins perdent leurs attraits. Ils seraient mamelles, s’ils avaient la générosité du lait. Inutile de courir après le goût du jour, il est déjà passé.

Essaye pour une fois, notre saveur.

J’accuse réception de ton passage, madame l’Existence, comme un merle au bec jaune dans l’ombre bleue des thuyas, comme la braise rouge au revers de mon Syrah, Légion d’honneur viticole, comme le gémissement du vent qui hulule dans ces ruelles de Carcassonne, où faute de promotion, il ne vient jamais personne, sauf deux ou trois amoureux du silence lorsqu’ils s’enlacent à contre-loi.

J’entends ce silence de rêve me redire que c’est dans tes bras, Madame l’Existence, que s’élance le bel âge des vingt ans. Mais je n’ai plus vingt ans. Comment te croire quand le futur est de plus en plus réduit et connu, et la mémoire de plus en plus lourde ?

Vingt ans déjà à en être là, ou à faire cela ? J’aurais pourtant toujours vingt ans de quelque chose : j’entends la pluie détremper le sous-bock où j’ai noté le souvenir de tous mes vingt ans. Regarde-le, ce mémento : je le jette dans le fleuve : allez, chante ! « Beau, beau, petit bateau, le passé s’en passe sur l’eau ». Quand il aura délavé mes notes, tu y mettras les tiennes, Madame l’Existence.

Ceci fait, n’oublie pas, de nous dire si le ventre de la terre est rond comme celui d’une femme qui va accoucher du futur, ou comme un abcès qui va assainir le présent en se crevant.

Mais dis-le-nous entre les lignes, Madame l’Existence, range tes cuivres et ton décorum d’opérette : le présent est un enfant endormi dans les draps et les langes du souvenir et de l’espoir.

Alors, ne le réveille pas pour être certaine d’exister à l’entre pleurer.

Madame l’Existence, je préférerais savoir ton prénom, et le dire après « Madame ».

Par le babel - Publié dans : principes - Communauté : à pas d'heure
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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 21:16

Tête à poux, nez de son père, crâne dur ou pas

C’est la peur du noir, pendant des jours.

Elle dure plus que longtemps, les soirs d’enfant :

Seule la voilure d’une mère, dans son odeur,

Contre son souffle, à la cadence de son cœur

Les drape jusqu’au raccourci vers plus tard.

 

Tête de l’emploi, fils à son père, crâneur ou pas

Il n’a plus peur du noir, mais de demain.

Ça revient tous les jours, l’inconnu, le futur.

Sauf dans le friselis d’un drapeau cousu de vérités,

Dont les arcanes à la cadence de nos peurs

Le drapent jusqu’à boucher les demains

 

Peur du noir, peur de demain, maman ma terre

Peur des soirs, peur de nos peaux, maman mon drapeau

Au chaud des bûchers, l’hiver aura moins de dents

Au son des canons, la nuit brillera tout partout

Au son des vérités, ça sentira à nouveau les mamelles

Du Parti, de toujours, du sang versé et des réponses.

 

Un merle aux ailes de nuit luisantes s’ébrouait

Dans la flaque du matin ; son rire pour fouet,

Il n’avait ni peur du noir, ni pennon flottant

Rien si ce n’est la clarté sombre de son chant.

Indifférent aux bannières comme à leur brûlement.

Par le babel - Publié dans : principes - Communauté : à pas d'heure
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Dimanche 20 mai 2012 7 20 /05 /Mai /2012 21:24

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Par le babel - Publié dans : ALPHABET D'AVANT DEMAIN - Communauté : à pas d'heure
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